La fermeture de la boulangerie suscite une vive émotion dans le quartier de Talence. Les habitués, attachés à leur boulanger de quartier, sont venus en masse pour saluer une dernière fois Benjamin Caillaud-Rostand. Derrière son sourire fatigué, le jeune boulanger a accepté de livrer son histoire à différents journaux locaux.

« Je suis né dans la boulangerie, mon père et mon grand-père étaient boulangers. Je ne me voyais pas faire autre chose. » C’est donc tout naturellement que Benjamin Caillaud-Rostand a repris la boulangerie familiale il y a quatre ans. « Je voulais faire les choses à ma manière, j’ai donc choisi de changer le nom de la boutique en « Auberge des pains ». J’ai également modernisé l’intérieur pour que les clients se sentent bien. »

Et les clients se sont sentis bien. Benjamin Caillaud-Rostand avait le sourire facile, le contact facile et une grande disponibilité. « Il connaissait mes habitudes, mes préférences, c’était un vrai plaisir de venir dans sa boutique », témoigne une cliente fidèle.

Pourtant, tout n’a pas été facile. « La boulangerie était en difficulté financière quand je l’ai reprise, j’ai dû faire un emprunt pour sauver le fonds de commerce. Mais je me suis battu, j’ai travaillé plus de soixante-dix heures par semaine pour que ça fonctionne. »

Et ça a fonctionné, pendant trois ans. « La clientèle a augmenté, les gens venaient de plus en plus loin pour acheter mes produits. J’étais fier de ce que j’avais accompli. »

Mais c’était sans compter sur l’explosion de sa facture d’électricité. « Je savais que l’augmentation serait salée, mais je ne m’attendais pas à ça. Plus de 14 000 euros pour un mois de décembre, c’est juste impossible à payer. » Les tarifs des heures creuses et pleines ont bondi en flèche, et le boulanger n’a pas pu bénéficier du bouclier tarifaire, réservé aux boulangeries avec un compteur électrique d’une puissance inférieure à 36 kVA.

« C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je ne peux pas me permettre de payer cette facture, je dois rembourser mon prêt et je n’ai pas toujours de salaire à la fin du mois. J’ai donc décidé de fermer la boutique. »

Pour Benjamin Caillaud-Rostand, c’est un déchirement. « Je suis attaché à mes clients, je suis attaché à mon métier, mais je ne peux pas continuer à me battre contre des tarifs électriques insupportables. C’est une vraie souffrance pour moi. »

Les habitués de cette boulangerie de Talence se sont mobilisés pour lui témoigner leur soutien. Des pétitions circulent pour demander une révision des tarifs de l’électricité pour les petits commerçants. Benjamin Caillaud-Rostand garde espoir. « Peut-être qu’un jour, je pourrai rouvrir ».

La situation de Benjamin Caillaud-Rostand n’est malheureusement pas unique. Depuis le début de la crise énergétique en France, de nombreux commerces ont vu leur facture d’électricité augmenter considérablement. Cette situation est d’autant plus difficile à gérer pour les petites entreprises, comme les boulangeries de quartier, qui ont des marges très limitées.

La crise énergétique a plusieurs causes, notamment la hausse des prix du gaz et de l’électricité sur les marchés internationaux, ainsi que la baisse des réserves d’énergie en Europe en raison de la pandémie de Covid-19. Cette crise a conduit à une augmentation importante des tarifs de l’électricité en France, qui ont atteint des niveaux historiquement élevés.

Les petites entreprises sont particulièrement touchées par cette situation, car elles ont souvent des contrats d’électricité plus coûteux que les grandes entreprises, qui bénéficient de tarifs préférentiels. De plus, les petites entreprises ont souvent des marges très faibles, ce qui les rend plus vulnérables aux hausses de prix.

Pour les commerces de proximité comme les boulangeries, cette situation est d’autant plus difficile à gérer que leur activité est très dépendante de l’électricité. En effet, la production de pains, de viennoiseries et de pâtisseries nécessite une consommation d’énergie importante, notamment pour la cuisson. Les boulangeries ont donc besoin d’une alimentation électrique stable et fiable pour pouvoir fonctionner correctement.

Malheureusement, les hausses de tarifs et les coupures d’électricité fréquentes rendent la situation difficile pour de nombreux commerçants. Certains ont dû fermer leur entreprise, faute de pouvoir payer leurs factures d’électricité, tandis que d’autres ont dû réduire leur activité ou augmenter leurs prix pour compenser l’augmentation des coûts.

Pour remédier à cette situation, le gouvernement français a mis en place plusieurs mesures pour aider les entreprises à faire face à la crise énergétique. Parmi ces mesures, on trouve notamment des aides financières pour les entreprises les plus touchées par la hausse des prix de l’électricité, ainsi que des subventions pour les travaux d’efficacité énergétique.

Cependant, ces mesures ne sont pas suffisantes pour résoudre complètement la crise énergétique, qui nécessite des solutions à plus long terme. Il est essentiel de développer des sources d’énergie alternatives et durables pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et garantir une alimentation électrique stable et abordable pour tous.

En conclusion, la situation de la boulangerie de Benjamin Caillaud-Rostand est malheureusement représentative de la situation difficile que traversent de nombreuses petites entreprises en France en raison de la crise énergétique. Il est essentiel de trouver des solutions pour aider ces entreprises à faire face à cette crise.

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Un article proposé par L. B. habitante de la rue Antoine Carles.